L'équation complète

Deux mécanismes indépendants, un même résultat : la chaleur coûte à Nouakchott 2 638 millions de MRU par an. Voici comment les pièces s'assemblent.

Deux composantes, pas de double comptage

La taxe canicule se compose de deux parties distinctes qui touchent des populations différentes. La première — les revenus perdus — affecte les travailleurs exposés à la chaleur, ceux qui n'ont pas de climatisation. La seconde — la surprime AC — affecte ceux qui ont la climatisation, sous forme de facture d'électricité. Ce ne sont pas les mêmes personnes. Il n'y a pas de double comptage.

C'est ce qui rend le chiffre total si frappant : qu'on ait la clim ou qu'on ne l'ait pas, on paie. Les travailleurs exposés paient en heures de productivité. Les commerçants climatisés paient en kilowattheures. La chaleur taxe tout le monde — elle encaisse juste dans des monnaies différentes.

L'équation
Taxe Canicule = Revenus perdus + Surprime AC

Revenus perdus = heures_perdues × salaire_horaire × travailleurs_exposés
               = 730 h × (1.4 × SMIG / 2600 h) × 120 000
               = 1 769 M MRU

Surprime AC    = locaux_équipés × conso_annuelle × tarif_SOMELEC
               = 31 432 × kWh_mois × 12 × 5.903 MRU/kWh
               = 869 M MRU

Total          = 1 769 + 869
               = 2 638 M MRU
               ≈ 73 M USD / an
Production effective vs production potentielle à Nouakchott
Production effective vs. potentielle

La barre pleine montre ce que Nouakchott produit. L'espace vide au-dessus montre ce qu'elle pourrait produire sans la contrainte thermique.

Ce que la ville perd

Revenus perdus (travailleurs)
1 769 M MRU
≈ $49M USD · scénario central
Surprime AC (commerces)
869 M MRU
≈ $24M USD · scénario central
Taxe canicule totale
2 638 M MRU
≈ $73M USD / an

73 millions de dollars par an. C'est ce que la chaleur retire à Nouakchott, selon nos estimations centrales. Le scénario bas donne environ 50 millions ; le haut dépasse 100 millions. Même la borne inférieure représente un coût considérable pour une ville de cette taille.

Ce que ça signifie

73 millions de dollars, c'est un chiffre qu'on peut comparer. C'est plus que le budget annuel de plusieurs ministères mauritaniens. C'est l'équivalent de milliers de salaires. C'est un frein structurel que la ville traîne chaque année, sans que personne ne l'ait jamais chiffré de cette manière.

Et c'est un chiffre conservateur. Nous ne comptons pas les pertes agricoles périurbaines. Nous ne comptons pas l'impact sur la santé — les hospitalisations liées à la chaleur, la fatigue chronique, les effets sur les enfants et les personnes âgées. Nous ne comptons pas la perte de productivité des travailleurs formels dans des bureaux mal climatisés. Nous ne comptons que ce qui est mesurable avec les données disponibles.

Le résultat central — Nouakchott fonctionne à 80% de son potentiel — est un constat, pas une accusation. Le climat est ce qu'il est. Mais un coût qu'on a mesuré est un coût qu'on peut commencer à réduire.

Nous n'avons rien modélisé. Nous avons observé la ville, et compté.

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